Le Burn-in …ou la soupe à la grenouille

Vous vivez des sensations négatives à répétition dans votre vie professionnelle ? Votre emploi vous pèse, vous ressentez des passages à vide qui se répercutent dans plusieurs axes de votre vie, assez pour que la vie sur une île déserte avec des pinas coladas sans fin, une télé câblée et un service de parachutage pour faire livrer votre lubie culinaire du moment n’est même pas attirante … ? Quand ça va mal… ben ça va mal. Et ça empire à cause de plusieurs facteurs aggravants qui surmultiplient l’effet de descente et augmentent les stress émotifs. C’est la pelure de banane dans l’escalier de l’Observatoire, la panne de papier aux toilettes, à chacun sa représentation de l’enfer…  

Vous rentrez donc à reculons, et c’est le “burn-in” qui fait son oeuvre: vous devenez un fantôme au bureau, un modèle de présentéisme improductif, peureux, sans créativité, râleur, inquiet de rencontrer le mur dans lequel vous allez vous étamper … et vous retrouver en miettes, ergo le burn-out.  

Et vous êtes tout aussi “burn-in” à la maison, la langue pendante à courir entre le ballet, l’épicerie, le dentiste et  les occasions sociales qui vous tentent pas vraiment. Pas le temps ni le goût pour les câlins, on tombe de fatigue et on s’accuse mutuellement de ne pas s’impliquer suffisamment… et on se culpabilise quand on laisse les enfants se défoncer dans les massacres électroniques et qu’on voit le bulletin qui annonce de la récup mathématique …

Qu’est-ce qui est arrivé ? La grenouille ébouillantée est un principe bien connu: vous faites chauffer une grenouille progressivement dans une marmite d’eau et elle y restera… dans tous les sens du mot. Vous êtes la grenouille et vous montez vous-même la température. Pas question ici de vous accuser, mais on comprend que vous êtes aux commandes ultimement et qu’il y a peu de chances que la fée clochette vienne vous rescaper de la situation dans laquelle vous vous vous retrouvez, pour toutes sortes de motifs qui ont été raisonnables dans une certaine mesure, avec les meilleures intentions du moment …  

Que ce soit dans votre vie sociale ou professionnelle, il y a un processus qui doit être fait honnêtement et fréquemment, et c’est ce qui va vous garder loin de ce piège infernal dans lequel on tombe trop tard trop souvent… essayez de revamper une carrière à 50 ans juste pour voir. Je peux vous dire par expérience que ce n’est pas facile… et le processus s’appelle un bilan … tout simplement.

J’ai passé 20 de mes dernières 30 années professionnelles à travailler dans une sphère qui ne me convenait pas, mauvais côté du cerveau, trop technique, pas assez humain… mais horriblement payant… vous me suivez ? De mes 60 000 heures de vie professionnelles totales , il en reste 15 à 20 000 à investir pour trouver la reconnaissance, le plaisir de vivre ma mission, le sentiment d’utilité, l’envie de progresser, l’estime de soi qui en résulte…  J’ai testé régulièrement mon état au travail: est-ce que j’aimais ça ? Non… Est-ce que je ressentais de la satisfaction ? Pas davantage … Alors je changeais de job… et l’erreur était de croire que mes changements de stratégie allaient étouffer un critère profond de dépassement de soi et de satisfaction. Le critère était là et je ne l’ai pas pris en compte. Maintenant, je termine 3 années d’études dans un domaine qui me respecte dans mes savoir-faire et mes habiletés… mais j’ai été burn-in et burn-out, j’ai payé cher … ma soupe à la grenouille était rendue pas mal pâteuse.  Voilà pour le bilan… je prêche en pécheresse…

Et quand on ne se donne pas des balises et qu’on ne prend pas le temps de se gérer en amont des états de crise, on est quoi ? Un humain moyen, quelle question ! Et comment on s’en sort alors ? C’est une autre paire de manches … et ça se règle !

Vous ne reconnaissez peut-être plus vos valeurs et vos croyances lorsque la soupe à la grenouille est à point. Vous avez emprunté celles des autres, des valeurs de vitesse, de réussite financière, de dévouement professionnel, … Vous avez probablement flirté avec vos limites et ces valeurs étrangères que vous avez adoptées apportaient avec elles le bénéfice caché très puissant de calmer des peurs profondes que vous n’avoueriez que sous la torture: peur de perdre son emploi, son statut, la face … d’être démasqué comme l’imposteur…

Lorsqu’on craque dans un système qui n’est pas en accord avec ce que nous sommes, le premier geste est de retrouver ce qui nous fait vibrer et de le remettre en opération pour y prendre goût, petit à petit et en continu. C’est ce qui s’appelle prendre de bonnes habitudes. Ouch … Et il faut également en développer des nouvelles qui s’appellent dire non, établir des limites, négocier, construire des argumentaires pour que le respect de soi passe en avant. Personne d’autre que vous ne le fera !  Et il vous faudra mettre votre santé en priorité, dans tous ses axes: émotif, sentimental, physique, spirituel … ça c’est un projet noble et passionnant … et vous allez mettre les bouchées doubles parce que ce qui n’a pas été fait devra être rattrapé, eh oui … vous êtes en déficit. C’est comme le jeu des serpents et des échelles, il y a toujours un méchant crotale très long qui vous guette à chaque lancement de dés …   

Ce qui peut être fait dans le cadre du processus de réappropriation de sa santé globale se décrit sous le mot “choisir”… et c’est vous que vous choisissez, vous et les êtres que vous aimez. Quand on se choisit, on devient maître de ses émotions. On apprend à être vigilant. Encore une fois, je vous invite à vous approprier les écrits magnifiques de Eckhart Tolle et les suggestions du Dr Serge Marquis sur l’art de la vigilance. Les émotions sont des vagues puissantes qui doivent être domptées pour qu’elles redeviennent ce qu’elles sont à la base: de l’eau. L’émotion signale un besoin, c’est la grenouille qui prend un degré ou deux dans son chaudron à chaque fois. La vigilance veut dire que lorsque ‘ça brasse’, c’est le temps d’arrêter, d’analyser, de faire des choix et de prendre en main la situation. Revenez alors dans le présent, analysez, comparez, calculez, prenez des décisions et choisissez-vous…

Lorsque vous sentez que votre vie dérape, pensez à consulter un thérapeute spécialisé en équilibre vie-travail ou en stress.

Sauvez la grenouille !

Advertisements

One thought on “Le Burn-in …ou la soupe à la grenouille

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s