Pourquoi je pète les plombs alors ?

Il y a en soi un besoin puissant, indomptable de se procurer une surdose de suprématie, d’avoir raison, de vaincre l’autre. Au nom de quoi ? Pourquoi risquer de perdre l’amour de son conjoint, l’estime de son voisin, un bout de doigt dans le céleri (voir blogue précédent) ? Quand ça part, cette démonstration d’artillerie lourde, après une montée en charge où on est sourd à tout, la tête en feu et l’estomac en perforation, c’est comme un tremblement de terre, ça gronde et ça bouillonne du dedans vers le dehors et on ressent des secousses d’émotions survoltantes: sentiment de justice, suprématie, puissance… on devient géant, gonflé à bloc, plein de vitriol et de mauvaise foi, cramoisi d’indignation. Ça a l’air véridique, mon affaire, mais je lis beaucoup !

Scène 1 acte 1 … Rambo a crinqué la mitraillette et dégoupillé les grenades, machette entre les dents, … scène suivante, je te me rambotise tout ce qui est à portée de tir et scène 3, ben…. pas glorieux, je me ramasse, dégonflé, le bandeau de travers dans l’oeil et j’ai moins d’amis autour de moi… j’les ai tous tirés ! On remonterait dans le temps et on voudrait bien s’excuser mais on n’y arrive même pas, ça va au delà de l’orgueil, offrir des excuses ne suffira jamais … ok, on a eu son p’tit rush d’empereur de la mauvaise foi, mais quel prix on paye pour cette précieuse adrénaline. Les journaux à potins en montrent plein de ces démonstrations qui ont peut-être un goût glorieux vu du perpétrateur, mais vu de notre bord d’auditoire, c’est plutôt réjouissant, voire révoltant ! Pas de noms, messieurs, dames… ok, maintenant qu’on a bien rigolé, essayons de nous imaginer de quoi on aurait l’air si on se faisait pogner par la caméra ?

Ce petit moi qui se manifeste ainsi est une entité mendiante qui s’abreuve de notre colère, qui se crée et se nourrit à partir de victoires sur autrui, c’est la compétition, la recherche de l’état de guerre. À partir de notre premier geste d’affirmation (c’est à moi ce camion !), nous construisons une histoire personnelle qui va en devenir de plus en plus épaisse, ne laissant plus entrer ni sortir les signaux PRÉSENTS et RÉELS qui feraient pourtant la différence dans nos perceptions. La couenne qui nous bouche les capteurs est une construction savante et calculée qui se fait à notre insu par notre mental. Faites-vous en pas, à part si vous êtes un moine bouddhiste ou une mère Theresa, vous ne voyez ni ne comprenez le phénomène. Vous le vivez, vous le regrettez et vous recommencez…

Mon histoire personnelle dira: c’est pas juste, c’est à cause de lui ou de ça que ça m’arrive, je suis pas chanceux, personne ne me comprend, ils le font exprès, il a pas le droit, elle m’énerve, il le fait encore … et DONC, j’ai le droit de pester et de varger dans le tas parce que j’ai besoin de faire sortir cette énergie qui provient de ce mécontentement du juste que j’ai construit de toutes pièces à partir de MES règles, de MES perceptions. Quelqu’un DOIT payer, peu importe qui, on va se trouver une victime (moins grande et qui court moins vite) et on va lui faire sa fête. Le petit moi sera content, il aura sa victoire, il se sentira pour un moment plus grand et plus fort. Donc, il s’inspire de facteurs du passé, il explose et projette le bien-être de sa victoire dans le futur. Le présent n’existe pas pour le petit moi.

Pour ne pas vivre ces éclaboussures, il n’y a qu’un moyen, c’est d’être VIGILANT, de rechercher les éclaircies de lumière du moment présent à travers la couche d’histoire personnelle. Ces moments de pure clarté se ressentent de temps en temps, c’est comme un passage soudain où tout semble plus coloré, les verts, les bleus et les blancs sont si beaux qu’on les entend vibrer, on a le pas léger, les poumons ouvrent, les bras et le coeur en font autant… ça sent l’intelligence et la présence à soi douce et parfaite.

Vigilance, c’est la première règle… Suis-je en train de me crêper une session de colère, et si oui, qu’est-ce que je cherche au fond ? A me valider, à me convaincre de mon bon droit et de ma puissance, de ma valeur incommensurable parce que j’ai pété la coche du juste ? Le petit moi dit oui, c’est votre structure mentale qui vous guide en ce sens. Comment s’en défaire… comme on l’a construit, petit à petit ! Croyance par croyance…

suite et fin demain !

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