Le cerveau, cet emmerdeur qui nous veut du bien – partie 2

Le cerveau PERÇOIT une menace, qu’elle soit réelle ou non, à partir de sa lecture de base du stimulus, de ses propres mémoires et de sa compréhension des événements, sans oublier son niveau de fatigue ou de stress. Le portrait qui est dégagé est binaire: c’est ok ou c’est PAS OK.

Et si c’est PAS OK, on réagit, yessir ! Comment ? Des sueurs, des voix, des palpitations, la vue s’embrouille, on bégaie, les jambes ramollissent. Et si on insiste, ça empire ! L’expression anglaise par excellence qui décrit l’état est « going limbic », l’état de panique où le cortex qui réfléchit est désengagé au profit de notre cerveau émotionnel.

Maintenant, qu’est-ce qu’une menace de rejet selon notre ami le cerveau ? C’est une expérience qui peut, même de façon minime, nous isoler des autres, nous marquer comme bizarre,  « nerd », infréquentable … Parler en public est la plus belle représentation de ce phénomène de menace perçue. A moins que vous ayez maîtrisé cette peur, le cerveau va vous faire subir des symptômes de peur qui vont se multiplier et s’amplifier. Le cerveau limbique dira, “non, mon ami, on ne va pas là !” Et il va même s’assurer que vous receviez la leçon de votre vie pour vous dissuader d’essayer à nouveau.

Ou encore, vous souhaitez accoster cette personne inconnue, vous avez un élan de ferveur amoureuse ou une admiration sans bornes qui vous submerge. Arrivera instantanément cette sensation qui va vous prouver à l’avance que la personne va vous rire au nez et que ce sera la MORT sociale ou romantique, mais la mort tout de même. On est faits comme ça, alors on fait quoi avec cet héritage ?

Comment gérer notre cerveau

Gardez à l’esprit une chose: c’est un ami maladroit bourré de bonnes intentions que vous affrontez, et pas un ennemi ! Comment vous y prendriez-vous avec une personne bien intentionnée qui vous envoie directement dans le mur avec insistance ? Je recommande d’y aller avec doigté ! Donc, vous allez ÉVITER de vous engueuler avec vous-même, parce que vous allez créer une résistance encore plus forte en vous.

Votre cerveau vous démontrera dans ces situations de risque perçu qu’il a le jugement d’un enfant de 5 ans, donc faites comme si vous aviez un enfant de 5 ans qui vous tire sur la jambe de pantalon pour avoir votre attention. Voici une stratégie en 3 points qui demande que vous dialoguiez avec votre cerveau (intérieurement ou tout haut, à votre convenance !):

  1. ÉCOUTEZ sans juger. “J’entends ce que tu me dis, je comprends que c’est important”
  2. RASSUREZ en expliquant que vous avez compris et que vous avez le contrôle de la situation, que vous savez quoi faire, que vous avez ce qu’il faut pour passer à travers, que vous pouvez y arriver. NE CONTRARIEZ PAS, persuadez !
  3. REMERCIEZ votre voix intérieure et demandez-lui de vous faire confiance. Invitez-là à retourner vaquer à ses autres occupations pendant que vous vous occupez de cette situation.

La partie amusante est de se parler, on y arrive. Ca demande évidemment d’être en situation de vigilance et de détecter la manœuvre de manipulation et l’état de panique qui l’accompagne (sueurs, vision en couloir, absence de « cervelle »). Habituellement, ce sont des signaux physiques très clairs, le cerveau ne donne pas dans la subtilité. Ensuite, vous arrêtez le temps quelques millisecondes et vous respirez profondément ou vous vous mordez au choix, ça va vous positionner dans le moment présent et faire taire toutes les autres voix qui vous assaillent déjà. Et surtout, ça va réengager votre cortex et remettre les choses en perspective.

Votre défi est de convaincre cet enfant intérieur de vous laisser reprendre le contrôle. Faites comme si vous aviez un pitch de vente à faire ou un “birdie” de 2 pieds à faire, ramassez tout votre potentiel et investissez-le dans ce moment crucial.

Pourquoi dompter son cerveau ?

Un exemple: vous avez un accrochage sur le coin de la rue St-Clément et Notre-Dame. Votre cerveau a créé un souvenir d’une situation de menace et va la généraliser. Au sortir d’une démarche où vous laissez le cerveau vous guider, vous pourriez potentiellement cesser de sortir de la maison, parce que c’est risqué. Ca va commencer par “on ne passe plus sur ce coin de rue”, et ensuite “on ne conduit plus la nuit” et ensuite “on ne conduit plus”… c’est la job du cerveau de s’assurer que vous vous occupez de votre sécurité. Si vous ne prenez pas la job, il va la prendre pour vous. Reportez ce scénario sur une tentative ratée pour aborder cette séduisante personne dans un bar, vous resterez caché à la maison pour ne pas revivre ce rejet si cuisant… Le cerveau nous enlève le courage d’essayer, de se relever, il est paresseux et va fermer les portes devant vous.

Comment faire lorsque la tâche est trop lourde ? L’hypnothérapie est reconnue pour aider à lever les réflexes limbiques et à les recadrer.

C’est ce qui est en jeu qui vaut la peine d’essayer, et ça s’appelle votre pouvoir personnel ! C’est normal de « paniquer », c’est dans notre nature. Ce qui relève de la grandeur est de développer ce GPS intérieur qui nous dit quel cerveau est au volant de notre vie. Simple, mais à pratiquer ! Faites-vous confiance, c’est ça qui va faire la différence.

Mon cerveau, l’emmerdeur qui veut mon bien … partie 1

Le cerveau est une machine complexe, bourrée de recoins et replis encore inconnus, les synapses se croisent et se confondent, les enzymes partent d’un bord et les hormones de l’autre. Dire que ÇA marche, c’est presque de la fiction… et dans toute cette complexité, vous savez que vous en savez peu, et vous vous doutez bien que cette machine a souvent le haut du pavé sur vos émotions et vos réactions, qu’elle vous tire à droite quand vous pensez à gauche. Notre pensée, notre conscience, nos émotions, tout ça forme un ensemble complexe que peu d’humains arrivent à maintenir en laisse.

Je vous propose quelques explications et trucs pour comprendre un peu mieux comment cette pure merveille vous tire dans les jambes et pourquoi. Vous saurez même un peu comment négocier avec, ce sera un bon début !

Le cerveau, machine insondable ?

Le cerveau humain contemporain est le résultat d’évolutions successives qui s’empilaient bien avant que notre ami le singe se mette sur ses pattes de derrière. Les replis que vous observez sur la surface proviennent du manque d’espace  causé par le surplus de matière … rien à voir avec l’intelligence, je vous arrête. Le cerveau accumule sa compréhension des apprentissages vécus, résultant en milliards de connexions synaptiques qui nous gouvernent au quotidien.

La partie qu’on oublie est que, au-delà de cette évolution, le cerveau conserve ses apprentissages de base et qu’ils demeurent toujours très puissants. Ce que ça veut dire en termes pratiques ? Que vous avez encore les réflexes aiguisés de l’homme des cavernes et vous êtes dominés par deux peurs ancestrales: mourir et être seul. C’est votre cerveau reptilien.

Nos peurs génériques

Mourir, celle-là, on ne s’y attardera pas. Suffit de constater que nous sommes bien constitués pour réagir aux stress menaçant notre vie, nous avons des réflexes qui partent à la vitesse de l’éclair, suivis de près des émotions et sensations qui s’y rattachent.

La solitude et le rejet ? Retournez en ces temps où la survie dépendait de la tribu et vous avez votre explication. Votre cerveau fera TOUT en son pouvoir pour vous éviter d’être rejeté. Est-ce intelligent ? Pas toujours, mais il est programmé comme ça, que vous le vouliez ou non ! Transposons maintenant ceci dans notre monde d’aujourd’hui avec quelques exemples habituellement peu glorieux dans lesquels vous vous reconnaîtrez, j’en suis certaine.

Éviter le rejet à tout prix

Tout d’abord, le cerveau PERÇOIT une menace, qu’elle soit réelle ou non, à partir de sa lecture de base du stimulus, de ses propres mémoires et de sa compréhension des événements, sans oublier son niveau de fatigue ou de stress. Le portrait qui est dégagé est binaire: c’est ok ou c’est PAS OK. Et ci c’est PAS OK, on réagit, yessir ! Comment ?  Des sueurs, des voix, des palpitations, la vue s’embrouille, on bégaie, les jambes ramollissent. Et si on insiste, ça empire !

Maintenant, qu’est-ce qu’une menace de rejet selon notre ami le cerveau ? C’est une expérience qui peut, même de façon minime, nous isoler des autres, nous marquer comme bizarre, nerd, infréquentable …  Parler en public est la plus belle représentation de ce phénomène de menace perçue. A moins que vous ayez maîtrisé cette peur, le cerveau va vous faire subir des symptômes de peur qui vont se multiplier et s’amplifier. Le cerveau dit, “non, mon ami, on va pas là !” Et il va même s’assurer que vous receviez la leçon de votre vie pour vous dissuader d’essayer à nouveau.

Vous souhaitez accoster cette personne inconnue, vous avez un élan de ferveur amoureuse ou une admiration sans bornes qui vous submerge. Arrivera instantanément cette autre sensation qui va vous dire que la personne va vous rire au nez et que ce sera la MORT sociale ou romantique, mais la mort tout de même. On est faits comme ça, alors on fait quoi avec cet héritage ?

Je vous invite à lire la partie 2 qui vous explique comment prendre le contrôle de cette situation en souplesse et de façon permanente. Déjouez votre ami le cerveau en 3 points, c’est le sujet de ce prochain àrticle à paraître.

Sylvie Racine est coach, hypnothérapeute et auteur de blogues

voir Coachypno sur twitter

www.essenss-coaching.com

En famille ou ailleurs, se fixer des objectifs …

Face à une autre de ces réunions de famille qui foisonnent durant les Fêtes, je me posais la question sur le motif de ces tensions qui se manifestaient dans mon ventre. Le corps nous parle ? Tu parles ! …

Donc, je me demandais ce que ce tiraillage ventral voulait bien me signaler. Traduction libre: j’ai peur de rencontre untel, de faire face à des situations déplaisantes, de ne pas arriver à cacher mon déplaisir à rencontrer un ou l’autre, j’ai pas envie d’aller ici, ou de faire celà, etc …

J’entends ces lamentations internes et je me rappelle soudain d’un article très à-propos que j’ai lu dernièrement. Et ça disait entre autres choses qu’il faut se fixer des buts dans ces moments fragiles, et dans tout autre instant où on est en présence d’autres personnes, que ce soit professionnel ou pas. Un objectif de party familial, tiens donc …

Donc, rencontre familiale… qu’est-ce que je souhaite réussir ? Je me suis fixée quelques buts dernièrement, en faisant l’exercice de trouver mes valeurs et de les vivre. Mes valeurs pour les rencontres familiales ? Il y en a une que j’ai choisie librement, la paix sociale.

Quelle idée, moi qui aime la polémique et les joutes verbales, plus de passes d’armes ni de piques ? J’avoue qu’il me reste encore plusieurs beaux-frères que je peux malmener, mais dans l’ensemble, la valeur pesait plus lourd que je ne l’aurais imaginé… j’avais donc besoin d’un support moral pour m’aider. Quand ça va mal, ne pas être seul aide à se rattraper… donc, trouver l’âme soeur du moment.

L’ailier, le complice, doit être capable de vous recentrer ou de vous accompagner sans couler avec vous. Il peut vous accompagner, vous faire des signaux qui vont vous ramener dans le présent et vous faire reprendre votre équilibre au besoin. Il arrivera et quittera avec vous, et vous pourrez échanger sur l’expérience ensemble.

Je viendrai à un party chez X même si je n’aime pas y aller parce que je vais rencontrer ceux que je souhaite voir durant cette occasion. rien de plus ni de moins. C’est mon objectif. Si je m’attends à vivre des émotions, c’est naturel. Je pourrai connecter et retrouver ceux que j’aime, voire même essayer de faire une effort social pour maintenir la paix, ne serait-ce que par respect pour l’hôte du moment.

Alors, en cas de panique de party, faites un plan, fixez vos objectifs honnêtement et n’oubliez surtout pas votre poteau social !

Spontanément, je te déteste …

Il y a des moments dans la vie où on a besoin de laisser passer la vapeur des émotions, de délester la colère, les sensations  négatives, le stress, la pression … Lorsque ce sont des émotions profondes, difficiles à affronter et à décortiquer, lorsqu’elle provient de maux qui nous gênent et nous possèdent, lorsque ce sont des troubles profonds de l’âme qui nous font mal et qu’on connaît mal, on manque souvent de ressources pour gérer le problème correctement et avec justesse.  Dans ces moments, dans cet état affaibli émotivement, la capacité et le discernement de gérer sainement ses émotions manquent à l’appel. On dévie alors le flot bouillant des émotions vers un sujet pratique, facile d’accès et aisément manipulable. On choisit une cible sur laquelle on fait du transfert. Et les valves s’ouvrent !

“Et soudainement, je le déteste tellement …” et la rivière des émotions devient un torrent… Et on ne tarit pas de mots pour décrire tout le dédain qu’on ressent pour cette victime spontanée, combien on la trouve imbuvable, combien elle ne nous “mérite pas”  (je viens de voir passer ça dans un facebook, génial)…  On va un peu mieux après le délire, mais ça nous prend au moins deux heures ou plus par jour de nos forces émotives pour la détester,  la démolir, et c’est pas encore assez … ça ne soulage pas vraiment, mais ça dévie la souffrance ailleurs. Et c’est le but de l’affaire, non ? Faute de mieux…

Mais attention, la victime est souvent choisie, elle a un lien avec notre souffrance, on choisit parfois cette victime parce qu’elle permet de rejoindre indirectement celui ou celle qui détient la solution. Pas si aléatoire, la victime …

Il m’est arrivé de vouloir à tout prix quelque chose et de ne pas réussir à le demander, à le négocier, à avouer mon besoin tout simplement… parce que c’était un besoin d’enfant blessé, les pires, ceux qu’on n’est pas capable d’identifier sans cheminer longuement à travers ses enfers personnels …  Et comme je n’avais pas encore fait face à certains de ces démons à ce moment, eh bien, en personne pratique,  j’ai trouvé dans cette période une solution, une cible parfaite, une personne sur laquelle je pouvais taper aus sens symbolique du terme (même si ça fait au moins aussi mal qu’une bonne claque).  Elle était facile à attaquer, et surtout, détentrice d’une chose que je voulais et que je ne voulais pas demander, et je fais référence à nouveau à ce bobo inavouable qui me tordait les boyaux. Je l’avais chosisie parce qu’elle avait bénéficié de ce qui me manquait, c’est ce que je croyais à ce moment, ça me suffisait. 

L’intelligence dans tout ça ? Si je ne l’avais pas tant détestée, j’aurais dirigé cet afflux bilieux sur moi.

Vous comprenez donc que dans ces situations, on déteste facilement pour les mauvais motifs. C’est pas facile de s’avouer à soi-même ses besoins de base, à les exprimer à la personne qui pourra y répondre, à demander  sainement, à recevoir et à pardonner aussi.

Je détesterai ainsi cette tierce partie parce que j’ai des difficultés majeures avec mon conjoint, parce que ma mère a négligé l’enfant que j’étais au profit d’un autre membre de la famille, parce que j’ai besoin d’être rassuré sur ma valeur personnelle ou parce que j’ai des insuccès professionnels … toutes des murailles qui semblent impossibles à franchir.

Alors, quand je déteste profondément quelqu’un  de façon spontanée et compulsive, je peux aller consulter ou encore regarder de haut la situation, essayer de trouver la carence d’enfant blessé qui me torture. J’ai tout à gagner, la paix n’a pas de prix, sans compter les dégâts qu’il faut ramasser après…

S’écouter, se sentir, c’est important. C’est notre santé globale qui est en jeu et ça vaut la peine d’écouter ces tempêtes en soi. Les émotions sont des signaux et la colère surtout, est une messagère de premier plan qui indique que nous manquons de quelque chose et que c’est important d’y voir. 

Le soleil vient toujours après  l’orage… et la paix de l’âme n’a pas de prix !

Living in the now – try it !

Why is it that we are living so often for the next moment ? What are the impacts of doing so ?

I live in the next moment when:

  • I drive as if the devil is “tailing” me, expecting the moment of my FUTURE arrival. How would I drive if I were in the present ? Carefully, with respect ?
  • I’m stressed out by choosing the slowest line-up at the Costco … guess what, I probably feel like my stomac acid is about to leak through my t-shirt …
  • I’m waiting for the next contract. This one is a huge one, because we can feel the shame of being on the bench, the stress of having bills coming (guess the mailman delivers more of them and faster … right ?) and the impression that we could be the laughing stock of the next after hour meeting. Yuck …

And in the meantime, what the present moment delivers would be so great, learn to play piano, speak italian, cook, go skiing, watch old chickflicks and read or learn to breathe, do yoga, walk, train … so many things to do !

The present is the real thing, the rest is something that never happens, because it’s the future and it goes according to nothing but the god’s pleasure, … endlessly frustrating, but we still believe in chimeric tomorrows. The next lover is not what we expected AGAIN, and so is the car, the house, the vacations … we expect that the future with it’s unlimited promises based on my beliefs and rules (what else !) will fill this painful emptiness we carry with us from birth ? If  it’s wrong, why do we do it ?

There is this screaming spoiled critter that boils inside, wailing and demanding, can you imagine it as I describe it ? Pouting, stubborn, stamping his foot and asking, asking, planning and blaming … this is the ego. Like a child with a sugar rush, wanting more, always in expectation of what is coming next, the next surprise, the next thing or person that wil bring satisfaction …

What we live by being under the critter’s spell in a trance… yes, just like hypnotist would do to make you relax,…Your challenge is to wake up and realize you’re not in the now …spoiling away the present, … and vigilance is what you develop from learning to let go of the critter’s manifestations. The critter’s overwhelming attitude brings you nowhere, you’re loosing the most precious moments !  Waking up from the trance is the only way to live our life at it’s fulless and reaching peace and power over anxiety. It’s your choice … as always !

Le Burn-in …ou la soupe à la grenouille

Vous vivez des sensations négatives à répétition dans votre vie professionnelle ? Votre emploi vous pèse, vous ressentez des passages à vide qui se répercutent dans plusieurs axes de votre vie, assez pour que la vie sur une île déserte avec des pinas coladas sans fin, une télé câblée et un service de parachutage pour faire livrer votre lubie culinaire du moment n’est même pas attirante … ? Quand ça va mal… ben ça va mal. Et ça empire à cause de plusieurs facteurs aggravants qui surmultiplient l’effet de descente et augmentent les stress émotifs. C’est la pelure de banane dans l’escalier de l’Observatoire, la panne de papier aux toilettes, à chacun sa représentation de l’enfer…  

Vous rentrez donc à reculons, et c’est le “burn-in” qui fait son oeuvre: vous devenez un fantôme au bureau, un modèle de présentéisme improductif, peureux, sans créativité, râleur, inquiet de rencontrer le mur dans lequel vous allez vous étamper … et vous retrouver en miettes, ergo le burn-out.  

Et vous êtes tout aussi “burn-in” à la maison, la langue pendante à courir entre le ballet, l’épicerie, le dentiste et  les occasions sociales qui vous tentent pas vraiment. Pas le temps ni le goût pour les câlins, on tombe de fatigue et on s’accuse mutuellement de ne pas s’impliquer suffisamment… et on se culpabilise quand on laisse les enfants se défoncer dans les massacres électroniques et qu’on voit le bulletin qui annonce de la récup mathématique …

Qu’est-ce qui est arrivé ? La grenouille ébouillantée est un principe bien connu: vous faites chauffer une grenouille progressivement dans une marmite d’eau et elle y restera… dans tous les sens du mot. Vous êtes la grenouille et vous montez vous-même la température. Pas question ici de vous accuser, mais on comprend que vous êtes aux commandes ultimement et qu’il y a peu de chances que la fée clochette vienne vous rescaper de la situation dans laquelle vous vous vous retrouvez, pour toutes sortes de motifs qui ont été raisonnables dans une certaine mesure, avec les meilleures intentions du moment …  

Que ce soit dans votre vie sociale ou professionnelle, il y a un processus qui doit être fait honnêtement et fréquemment, et c’est ce qui va vous garder loin de ce piège infernal dans lequel on tombe trop tard trop souvent… essayez de revamper une carrière à 50 ans juste pour voir. Je peux vous dire par expérience que ce n’est pas facile… et le processus s’appelle un bilan … tout simplement.

J’ai passé 20 de mes dernières 30 années professionnelles à travailler dans une sphère qui ne me convenait pas, mauvais côté du cerveau, trop technique, pas assez humain… mais horriblement payant… vous me suivez ? De mes 60 000 heures de vie professionnelles totales , il en reste 15 à 20 000 à investir pour trouver la reconnaissance, le plaisir de vivre ma mission, le sentiment d’utilité, l’envie de progresser, l’estime de soi qui en résulte…  J’ai testé régulièrement mon état au travail: est-ce que j’aimais ça ? Non… Est-ce que je ressentais de la satisfaction ? Pas davantage … Alors je changeais de job… et l’erreur était de croire que mes changements de stratégie allaient étouffer un critère profond de dépassement de soi et de satisfaction. Le critère était là et je ne l’ai pas pris en compte. Maintenant, je termine 3 années d’études dans un domaine qui me respecte dans mes savoir-faire et mes habiletés… mais j’ai été burn-in et burn-out, j’ai payé cher … ma soupe à la grenouille était rendue pas mal pâteuse.  Voilà pour le bilan… je prêche en pécheresse…

Et quand on ne se donne pas des balises et qu’on ne prend pas le temps de se gérer en amont des états de crise, on est quoi ? Un humain moyen, quelle question ! Et comment on s’en sort alors ? C’est une autre paire de manches … et ça se règle !

Vous ne reconnaissez peut-être plus vos valeurs et vos croyances lorsque la soupe à la grenouille est à point. Vous avez emprunté celles des autres, des valeurs de vitesse, de réussite financière, de dévouement professionnel, … Vous avez probablement flirté avec vos limites et ces valeurs étrangères que vous avez adoptées apportaient avec elles le bénéfice caché très puissant de calmer des peurs profondes que vous n’avoueriez que sous la torture: peur de perdre son emploi, son statut, la face … d’être démasqué comme l’imposteur…

Lorsqu’on craque dans un système qui n’est pas en accord avec ce que nous sommes, le premier geste est de retrouver ce qui nous fait vibrer et de le remettre en opération pour y prendre goût, petit à petit et en continu. C’est ce qui s’appelle prendre de bonnes habitudes. Ouch … Et il faut également en développer des nouvelles qui s’appellent dire non, établir des limites, négocier, construire des argumentaires pour que le respect de soi passe en avant. Personne d’autre que vous ne le fera !  Et il vous faudra mettre votre santé en priorité, dans tous ses axes: émotif, sentimental, physique, spirituel … ça c’est un projet noble et passionnant … et vous allez mettre les bouchées doubles parce que ce qui n’a pas été fait devra être rattrapé, eh oui … vous êtes en déficit. C’est comme le jeu des serpents et des échelles, il y a toujours un méchant crotale très long qui vous guette à chaque lancement de dés …   

Ce qui peut être fait dans le cadre du processus de réappropriation de sa santé globale se décrit sous le mot “choisir”… et c’est vous que vous choisissez, vous et les êtres que vous aimez. Quand on se choisit, on devient maître de ses émotions. On apprend à être vigilant. Encore une fois, je vous invite à vous approprier les écrits magnifiques de Eckhart Tolle et les suggestions du Dr Serge Marquis sur l’art de la vigilance. Les émotions sont des vagues puissantes qui doivent être domptées pour qu’elles redeviennent ce qu’elles sont à la base: de l’eau. L’émotion signale un besoin, c’est la grenouille qui prend un degré ou deux dans son chaudron à chaque fois. La vigilance veut dire que lorsque ‘ça brasse’, c’est le temps d’arrêter, d’analyser, de faire des choix et de prendre en main la situation. Revenez alors dans le présent, analysez, comparez, calculez, prenez des décisions et choisissez-vous…

Lorsque vous sentez que votre vie dérape, pensez à consulter un thérapeute spécialisé en équilibre vie-travail ou en stress.

Sauvez la grenouille !